logo  
JARDIN BOTANIQUE DU VAL D’YSER
   
 

Actions menées par l'association, au jardin ou ailleurs

 

Recensement des saules. Visite du 28 juin 2007.

Dans le cadre du programme «Interreg III», et plus particulièrement dans la partie qui traite de la protection du bocage, le Pays des Moulins de Flandre a organisé un travail sur la préservation des espèces et variétés d’arbres et arbustes. Des récoltes de graines et de boutures ont été effectuées pour une mise en culture en vue d’une utilisation ultérieure de plantes autochtones (de préférence) dans les haies bocagères et paysagères.

Une recherche essentiellement orientée vers les saules s’est déroulée le 28 juin dernier. Cette recherche visait à recenser les espèces et variétés de saules indigènes ou introduites et plus particulièrement celles qui ont, notamment dans le passé, été cultivées pour des usages locaux (vannerie…).

Pour réaliser le travail d’inventaire, le Pays a fait appel à des associations locales intéressées par le sujet et à M. Arnout Zwaenepoel, expert flamand, qui nous a accompagnés durant toute la journée sur différents sites. Nous formions une délégation de 7 personnes.

Les Saules (genre Salix) présentent quelques caractéristiques qui rendent complexe la tâche de détermination. Tous sont dioïques, c'est-à-dire que les fleurs femelles et les fleurs mâles sont portées par des sujets différents. De plus, ils ont la faculté de s’hybrider facilement avec des espèces voisines et ces hybrides obtenus peuvent se croiser à nouveau avec des espèces parentes ou d’autres hybrides, ce qui donne une multitude de combinaisons possibles.

La flore locale compte environ 10 espèces types de Saules, y compris celles qui sont cultivées depuis longtemps. Mais on dépasse facilement les 50 formes intermédiaires identifiables, et davantage si on pouvait distinguer des degrés plus précis de parenté, mais cela nécessiterait des analyses génétiques approfondies.

La première visite a eu lieu au jardin de notre association, à Bambecque, où quelques saules ont poussé spontanément et d’autres ont été introduits. Plusieurs espèces et hybrides ont été identifiés. Ensuite le groupe s’est rendu à Grande-Synthe pour apprécier la diversité des saules, sous la conduite de M. David Marouzé, responsable de la gestion différenciée des espaces verts au niveau de la commune. Les plants sont, pour la plupart, issus de plantations artificielles. Nous avons aussi trouvé quelques formes intéressantes. Enfin, nous sommes revenus vers la Flandre intérieure, longeant une partie de la Colme, puis à Rexpoëde où persiste une petite mare où les vanniers cultivaient et faisaient tremper de l’osier.

Durant le parcours, plusieurs espèces et variétés de saules ont donc été identifiées et des boutures ont été collectées (notamment à Grande-Synthe). Après cette étape de repérage et d’identification viendra celle de la mise en culture. Les boutures prélevées à Grande-Synthe et Rexpoëde ont été confiées au Jardin Botanique du Val d’Yser. Les plantes intéressantes repérées au jardin de Bambecque seront bouturées ultérieurement. Cette culture servira de collection de base en vue de recréer des collections au niveau du Pays et de la ville de Grande-Synthe prochainement.


Des arbres pour Yarka (06 au 20 janvier 2009).

L’association "Jardin Botanique du Val d’Yser" partenaire d’un village du Mali : Yarka
cliquer sur l'icône pour visualiser la carte : carte itinéraire

Durant ce mois de janvier, une délégation de 11 personnes de notre région s’est rendue au Mali afin d’apporter un soutien au village de Yarka, dans la région de Kayes. Parmi elles, des membres de l’association "Jardin Botanique du Val d’Yser" ont particulièrement œuvré pour la lutte contre la désertification de cette zone fragile du Sahel.

C’est en parcourant la région de Kayes et Yélimané dans le cadre d’autres programmes que quelques participants de cette aventure avaient remarqué le village de Yarka. Il est situé dans un secteur aride, à quelques kilomètres de la Mauritanie, et inclus dans une vaste zone géographique constituant le Sahel. La végétation dite de type sahélienne et sahélo-soudanienne, constituée d’une savane parsemée d’arbres, est adaptée aux conditions climatiques, mais se fragilise notamment par les activités humaines. Le prélèvement de bois pour la construction, les clôtures, la cuisine ou encore l’artisanat entraine une régression des arbres. Ceux-ci ne sont généralement pas remplacés, et la régénération naturelle est fortement perturbée par les animaux domestiques et les fréquents feux de brousse. La disparition progressive de la végétation permet l’érosion du sol fertile et la désertification menace.

végétation de type sahélienne

Végétation de type sahélienne à proximité de Yarka

Bien souvent assez démunies et surtout interpellées par des préoccupations qui leur paraissent plus importantes, les populations locales ont souvent délaissé le problème de la déforestation. C’est pourquoi ce petit projet de plantation soutenu par une association étrangère était le bienvenu. Quelques centaines d’arbres ont été plantés l’été dernier, à la faveur de la saison des pluies. Une autre centaine de plants a été mise en terre durant le séjour de la délégation, avec la participation des enfants de l’école et celle des autorités et des personnalités locales. D’autres arbres seront encore installés dans le courant de l’été prochain, après les premières pluies.

écoliers ayant participé à la plantation

Ecoliers ayant participé à la plantation

Un gros travail de sensibilisation.

La visite du village par la délégation n’a pas été vaine. En effet, bien que le relais sur place soit assuré par une association locale partenaire et des personnes motivées, il y a un travail de sensibilisation important à entreprendre pour que la survie et le développement des arbres soient garantis. La réussite de l’opération nécessite une implication totale de la population. La densité importante d’animaux domestiques du village impose une attention soutenue, car la divagation de quelques animaux durant la saison sèche, pendant laquelle la végétation manque, risquerait de compromettre les chances de reprise des jeunes arbres. Des protections individuelles ont été installées autour des arbres du village et une clôture est sur le point d’être posée autour des arbres plantés à l’école.

Quelques centaines d’arbres, cela peut paraître beaucoup pour un seul village. Pourtant c’est très peu en rapport de la tâche qui reste à accomplir. Le désert est un ennemi sournois mais puissant, contre lequel il faudrait lutter sur une plus grande échelle. Mais les interventions ponctuelles et localisées des associations et des personnes de bonnes volontés visent surtout à initier une prise de conscience collective des habitants et montrer qu’ils ne sont pas abandonnés à leur sort.

L’initiative de la plantation d’arbres a pu se concrétiser grâce au soutien financier de partenaires qui ont compris l’intérêt d’une telle action. Les autres personnes de la délégation se sont attachées à aider les villageois par rapport à d’autres domaines de compétence, tels que l’école et l’éducation, la santé, l’apiculture… Toute l’équipe est revenue enchantée de cette expérience très enrichissante pour tous.

voir quelques photos

Passage de relais.

L'opération menée au Mali par notre association en partenariat avec différents acteurs en 2008-2009 a donné satisfaction. Beaucoup de choses restent à faire et nous souhaitons poursuivre notre soutien aux villages maliens. Mais nos statuts ne permettent pas de nous diversifier dans les actions menées et nos « compétences reconnues » se limitent à l’environnement naturel et notamment à la végétation. Nous passons donc le relais à une nouvelle association pour élargir ce champ de compétences.

Passer le relais, car le succès de cette expérience encourage à y donner des suites. La délégation qui a participé au voyage de Janvier 2009 avait déjà une mission bien plus large que l’unique objectif de reboiser. L’éducation, la santé et bien d’autres sujets nous avaient aussi interpellés. L'association « Jardin Botanique du Val d'Yser » a porté le projet de plantations, avec tout ce que cela comprend (sensibilisation, protection des plants,…). Les autres projets ont été suivis individuellement par d’autres personnes.

Pour mieux structurer les projets futurs et tenir compte de tous les aspects de la vie des villageois africains, une nouvelle association a été créée. Elle a été dénommée Bani Kono (oiseau migrateur en Bambara) et a vu le jour en Juin 2009. Elle a été fondée par les participants et sympathisants des délégations précédentes.


Festival de l'Arbre (Novembre 2013).

Du 23 au 29 novembre 2013, s'est déroulée la dernière édition du Festival de l'Arbre, opération organisée par la région Nord-Pas-de-Calais et relayée par différents partenaires, dont le Pays des Moulins de Flandre, l'Office de Tourisme du Pays du Lin, etc. C'est dans ce cadre qu'ont été proposées de nombreuses animations sur le thème de l'arbre, abordé sous toutes ses facettes (patrimoine, bocage, usages, biologie…). La programmation à cette période répond à la faveur de cette saison pour envisager les plantations : « A la Sainte Catherine, tout bois prend racine ! ».

Notre association s'est mobilisée notamment autour de 3 animations. Les deux premières étaient des visites guidées, l'une du parc du Groenhof, à Rexpoëde, l'autre de notre jardin botanique, à Bambecque. Le Groenhof est un jardin datant du début du XIXème siècle, dans lequel subsistent quelques arbres remarquables. On y rencontre quelques espèces peu communes dans les Flandres. Le second est un jardin du début du XXIème siècle, dans lequel s'installent quelques espèces intéressantes et quelques sujets promis à devenir remarquables ! Rendez-vous dans 2 siècles !

La troisième animation consistait à planter des saules. Cette dernière activité faisait suite à un programme entamé en 2007 et ayant pour objet l'identification et le recensement des saules dans les Flandres (voir ci-dessus). Il s'agissait d'un des volets d'un programme Interreg (Franco-belge), ayant trait à la connaissance et la préservation de notre patrimoine bocager.

Ce genre (Salix = saule) est particulièrement bien représenté dans la région, et à partir de quelques types indigènes, de nombreuses sélections ont été effectuées au cours des siècles, selon les usages : bois de chauffe, maintien des berges, vannerie… Quelques espèces et variétés ont été introduites, pour les mêmes raisons, et également pour l'ornement des parcs. Les saules ont la capacité de s'hybrider facilement. Cette caractéristique complique beaucoup l'identification des taxons, car elle permet d'engendrer de nombreuses formes intermédiaires, se croisant parfois encore entre elles… La multiplication des types identifiés se fait par bouturage ; on obtient ainsi des clones, c'est-à-dire des descendants tous issus d'un même individu et conservant l'ensemble de ses caractères génétiques. Sans cette précaution, les sélections effectuées par nos ancêtres se dilueront par croisements et disparaitront avec la mort des derniers sujets devenus trop âgés.

Lors d'un premier recensement réalisé en 2007, près de 30 espèces, hybrides et cultivars avaient été identifiés sur un parcours assez restreint mais le plus représentatif possible. Parmi eux, une vingtaine a été mise en culture dans la pépinière du jardin botanique. Ce sont donc des descendants de ces saules que nous avons disposés sur une parcelle communale à Wormhout.

L'objectif consiste à conserver la diversité des saules et à montrer au public un petit échantillon de ce qui existe localement, sous forme d'une collection. Composée actuellement d'une vingtaine de spécimens qu'il est prévu d'étiqueter, cette collection pourra naturellement être complétée par la suite.